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La protection des travailleurs isolés : un enjeu majeur pour les entreprises

Les articles R4321-1 à R4321-5 du Code du travail engagent l’employeur à garantir la sécurité du personnel, et davantage les travailleurs isolés. Il incombe au chef d’entreprise de prendre les mesures nécessaires pour identifier les cas de travail en isolement, d’y remédier et de mettre en place une stratégie pour porter secours à l’employé en cas de nécessité absolue.

Travail en isolement : dans quels cas ?

Le Code du travail définit le travailleur isolé comme un employé qui effectue ses tâches hors de portée de vue et d’écoute de ses collègues ou d’autres personnes pendant une durée temporaire ou prolongée. Le contexte d’isolement complique d’une part la prévention des accidents et d’une autre part l’intervention des secours en cas de nécessité. Certaines professions sont particulièrement concernées par le travail en isolement et nécessitent la mise en place d’une stratégie de PTI ou protection travailleur isolé, dont :

– Les agents de sécurité qui sont souvent amenés à faire des rondes seuls la nuit, à l’extérieur comme à l’intérieur.

– Les chauffeurs routiers qui font plusieurs heures, voire plusieurs jours de route seuls au volant de leur véhicule.

– Les agents de maintenance ou de dépannage qui accomplissent le plus souvent leurs tâches dans un espace isolé.

Travail en isolement : quelles sont les situations à risque ?

L’article 322 du Règlement sur la santé et la sécurité du travail stipule que l’employeur a le devoir de surveiller de manière efficace les travailleurs isolés. Les conditions physiques et psychiques des employés concernés doivent également être prises en compte pour évaluer les risques liés au poste qui peuvent être d’ordre médical. Les salariés sujets à certains troubles comme la spasmophilie risquent par exemple de perdre connaissance.

Les risques d’ordre psychologique peuvent relever d’une crise d’angoisse chronique exacerbée par l’isolement et le sentiment d’abandon qui peut apparaître inopinément. Les chutes, le matériel défaillant, les effondrements et les incendies éventuels sont d’autres dangers auxquels une personne qui travaille en isolement peut être confrontée. Les agressions provenant d’une tierce personne, extérieure à l’entreprise, peuvent aussi survenir.

Au-delà des activités « classiques » du travailleur isolé, d’autres métiers jugés dangereux doivent être effectués au moins en binôme ou du moins sous la surveillance d’une personne qualifiée pour porter secours en cas de besoin urgent. Peuvent être concernés les conducteurs d’engins dans les puits ou les galeries, les électriciens qui interviennent sur des zones à haute tension électrique, etc.

Les dispositifs de protection du travailleur isolé : comment choisir ?

Le Code du travail n’oblige pas l’employeur à utiliser un DATI ou dispositif d’alarme pour travailleur isolé, mais sa mise en place est nécessaire pour parer à tout danger éventuel et dans le cadre de l’organisation des secours, qui elle est obligatoire. Le commerce offre un large choix d’appareils, mais il revient à l’employeur de choisir les fonctionnalités adaptées au personnel après l’analyse des risques. La téléassistance est le meilleur moyen pour anticiper les dangers. Cette option permet de choisir entre deux types de dispositifs : la téléassistance passive et la téléassistance active.

Avec l’installation de plusieurs capteurs dans la zone de travail de l’employé, le dispositif actif ne l’oblige plus à appuyer sur un bouton pour donner l’alerte à la centrale d’alarme ou au poste de sécurité de l’entreprise. Tous les paramètres pris en amont de l’installation du matériel permettent de détecter automatiquement une perte de verticalité, une absence prolongée de mouvements ou l’arrachage du dispositif entre autres. Toute situation anormale dans le cadre du travail en isolement amène donc à l’envoi d’un message d’alerte automatique pour une levée de doute immédiate. La téléassistance passive est le dispositif classique de protection du travailleur isolé. Par pression sur le bouton d’alarme intégré à une montre, un médaillon ou un téléphone, le salarié signale qu’il est face à un danger imminent.

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